| 5 - Arbitrages : équilibre budgétaire , déficit public financé par l'inflation, par l'endettement. |
Nous pouvons conclure sur les avantages et inconvénients de chaque forme de politique budgétaire de l’État :
| La recherche de l'équilibre budgétaire : |
Cette forme de gestion publique permet aux États de ne pas être contraint par une charge de la dette importante. L’État n’est pas dépendant de ses créanciers.
Du côté des inconvénients :
La fraude fiscale bride les États qui souhaitent réaliser une politique de redistribution des revenus favorable au fonctionnement de l’économie.
Comment concevoir une politique fiscale de redistribution des revenus efficace lorsque les impôts reposent principalement sur les ménages les plus pauvres ?
Il est aussi difficile d’augmenter les dépenses publiques car elles impliquent une augmentation des impôts.
Le consentement à l’impôt dépend essentiellement de deux éléments :
L’aptitude des États à prélever un impôt perçut comme juste. C’est d’autant plus difficile lorsque a fraude fiscale est importante.

L’aptitude des hommes politiques à présenter le projet de dépense publique comme utile et bénéfique pour le plus grand nombre.
Et l’aptitude de la société à risquer des changements.
Ce dernier point est crucial : lorsque les projets de dépense publique ont pour but l’émergence d’innovations majeures, elles nécessitent une transformation radicale de la société. Cette transformation est toujours risquée, et la politique d’équilibre budgétaire implique que les citoyens risquent leur propre revenu par l’impôt.
Ces transformations sont aussi anxiogènes ; il est très rare que les citoyens acceptent de mettre en jeu le monde qu’ils connaissent pour un avenir incertain. Même si la manière de vivre, de produire, de consommer qui existe est condamnée ; engager ses propres finances, l’avenir de la collectivité, de ses enfants dans une aventure, ce n’est pas la même chose.
Plusieurs leviers peuvent être utilisés pour emporter adhésion des citoyens :
- celui de l’expérimentation : pouvoir montrer la réussite d’un changement d’organisation, de production sur un territoire limité,
- celui de l’imitation : lorsqu’un autre pays a pu s’engager avec réussite sur une nouvelle voie.
| Le déficit public sans endettement : par la création monétaire. |
L’avantage pour l’État est apparemment évident : il permet d’augmenter les dépenses publiques sans augmenter les impôts.
Par ailleurs le déficit public ne crée pas d’inflation lorsqu’il provoque une croissance de la production du pays : c’est le cas de l’exemple cité dans la partie « La préférence des États pour le déficit public ».
Cependant, le modèle de production et de consommation que nous connaissons s’essouffle depuis quarante ans(1) :

Ce graphique montre la croissance annuelle de la richesse par habitant des pays de l’OCDE. Jusqu’aux années 1975, elle se situait autour de 4 %. Puis elle stagne à 2 % jusqu’aux années 2000. Depuis, cette croissance est au mieux à 1 %.
Il s’agit d’une tendance lourde des économies dites « post industrielles » contre laquelle des politiques habituelles sans changements structurels profonds ne peuvent rien.
Lorsque les pays ont pratiqué une politique de déficit public, ils n’ont pas pu augmenter la production au niveau de leurs attentes. Ils ont donc surtout créé de l’inflation comme le décrit l’exemple du chapitre intitulé « Une mauvaise gestion des finances de l'État ».
(1) Groupe de la banque mondiale : https://donnees.banquemondiale.org/
| Le déficit public avec endettement. |
Répondre aux besoins sociaux d’une population par le déficit budgétaire a surtout créé de l’inflation.
Les États ont donc été pris entre deux feux : La nécessité d’augmenter les dépenses publiques, mais sans pouvoir augmenter les impôts ni financer leurs dépenses par une inflation qui devenait dangereuse. Le financement de leurs dépenses par l’endettement est apparue pendant une vingtaine d’années une solution indolore.
Cependant, à terme, le remboursement de ces dettes ne pouvait être envisageable que par une croissance économique forte et pérenne. Cela ne s’est jamais produit.
Actuellement, aucun État ne rembourse ses dettes. Chaque État emprunte à nouveau tous les ans pour rembourser ses anciennes dettes et financer son nouveau déficit public. Les dettes publiques ont donc tendance à augmenter systématiquement.
Le paiement des charges de la dette par les finances publiques n’est en fait constitué que par le remboursement des intérêts. Et ces charges dépendent entièrement du taux d’intérêt fixé par les créanciers. Elles peuvent varier d’une année à l’autre.
Au final, cette impasse du surendettement ne peut être levée.
Tôt ou tard, la capacité de remboursement des États de la zone Euro sera mise en doute comme cela s’est produit avec la Grèce. Les États les plus fragiles entraîneront les autres dans leur chute.
Pour rappel, lorsque les créanciers de l’État grec ont perdu confiance dans ses capacités de remboursement en 2009, son taux d’endettement était de 135 % du PIB.
Cette perte de confiance a mis à genoux l’économie du pays : la richesse par habitant a chuté de 19 % de 2008 à 2012 et le taux de chômage a augmenté de 8 % jusqu’à 28 % en 2014.
Le taux d’endettement de la France est actuellement (fin 2021) de 145,8 % du PIB.
Les conditions d’endettement, la période sont différentes. Cependant, nous ne devons jamais oublier que la dette publique fait dépendre un État de la psychologie très fluctuante de ses créanciers.
Synthèse :
| Politique | Avantages | Inconvénients |
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Équilibre budgétaire |
Absence d’endettement et d’inflation |
Difficulté à répondre aux besoins fondamentaux du pays. Résistance forte à l’augmentation des impôts |
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Déficit public par création monétaire |
Permet à l’État de financer les besoins fondamentaux du pays |
Inflation, hyperinflation |
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Déficit public par endettement |
Surendettement, banqueroute |